Carte blanche – «#TurnItAround: une semaine pour agir!»

Carte blanche – «#TurnItAround: une semaine pour agir!»
Belga

Dans une société bousculée par le Covid-19, les gens se rassemblent, se regroupent et agissent collectivement pour un monde plus juste et solidaire, un avenir plus égalitaire, une prise de conscience globale sur le changement climatique ; et tirent la sonnette d’alarme sur la recrudescence de la violence et la pauvreté dans le monde. Il est temps de changer.

« Travailler pour un réseau mondial signifie promouvoir une approche horizontale. De l’égalité à la justice pour le climat, nous assistons à la montée de mouvements forts. Les réseaux, les organisations communautaires et les citoyens s’unissent pour tenter de redessiner le monde pour les générations actuelles et futures. Il est clair qu’aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Allons-nous nous adapter à un monde visiblement changé, ou allons-nous obstinément fermer les yeux sur ce qui se passe ? Le temps est venu de proposer de nouveaux récits, de penser plus grand et de donner de la visibilité aux solutions collectives qui mettent en avant les voix des communautés. » énonce Sarah Strack, Directrice de Forus International, un réseau innovant qui donne à la société civile les moyens d’agir pour un changement social efficace.

Agir partout, pour un monde plus juste

La Global Week to ACT4SDGS, qui se tiendra pendant la 75e Assemblée Générale des Nations Unies (qui a débuté ce mardi), appelle les populations du monde entier à agir pour un monde plus juste, lors du #TurnItAround mouvement. La question fondamentale à laquelle les gens sont encouragés à penser est la suivante : que faut-il changer ? qu’aimeriez-vous voir changer ? Chaque action compte : des manifestations publiques aux campagnes numériques, en passant par le nettoyage des plages, les expositions culturelles et les projets artistiques scolaires sur des thèmes liés à la durabilité.

« En Argentine, où nous avons l’habitude de manifester dans la rue, la pandémie a modifié la façon dont nos voix sont entendues, » déclare Rolando Kandel, directeur de la plate-forme argentine des ONG Red Encuentro. Selon eux, la pandémie a mis en évidence l’importance de la coordination entre les organisations de la société civile et les gouvernements, pour répondre de manière dynamique aux besoins des différentes communautés qui sont confrontées à de nouvelles violations des droits en plus de l’exacerbation de celles qui existent déjà. En conséquence, la Red Encuentro a lancé un cycle de conversations en ligne pour influer sur les politiques publiques.

« Maintenant plus que jamais, il est important d’utiliser les espaces numériques comme un moyen de renforcer la démocratie plutôt que de la réduire, et de déclencher des débats » énonce Rolando Kandel.

Activisme sur tous les supports

L’activisme en ligne et la mobilisation virtuelle semblant être la nouvelle norme, le risque pour les populations vulnérables ayant peu d’accès à Internet est cependant d’être laissées pour compte. En Bolivie, dans un contexte politique et social tendu à l’approche des élections prévues en octobre, la plate-forme d’ONG Red Unitas veille à ce que les communautés indigènes puissent toujours prendre part à ces mobilisations.

« La situation des femmes en Bolivie, dans le contexte de la pandémie actuelle est extrêmement difficile, » explique Iris Baptista de Red Unitas. « Les femmes leaders indigènes protestant contre l’extraction dans leurs régions ont été prises pour cible par la police. Maintenant que nous avons été contraints de déplacer notre travail en ligne, ce n’est pas facile d’atteindre les communautés indigènes, mais nous imprimons des documents et les appelons régulièrement. »

La Bolivie, comme beaucoup d’autres pays, lutte depuis des années contre la violence et les discriminations basées sur le genre. Les agressions envers les femmes ont augmenté durant le confinement en Bolivie, où en moyenne sept femmes sur dix disent avoir subi une forme de violence infligée par leur partenaire. La Bolivie a l’un des taux les plus élevés d’Amérique du Sud de femmes tuées en raison de leur sexe. L’année 2020 a été déclarée Année de la Lutte contre le Féminicide et l’Infanticide en Bolivie, même si, aucune mesure de prévention efficace n’ait été prise.

« Durant la quarantaine, le slogan “Stay at home” (Restez chez vous) a largement été utilisé. Pour beaucoup de femmes et de filles victimes de violence, cela signifiait “Cállate en casa” (“Tais-toi à la maison”) », explique Iris. « Le réseau Unitas a créé la campagne « Sin violencia es mejor » (“Sans violence, c’est mieux”), pour sensibiliser au fait que même si les femmes font la plus grande partie du travail durant la pandémie, pour remplir leur rôle de mères, d’épouses et de femmes d’affaires, elles continuent d’être confrontées à de la violence à la maison. Nous avons développé une série de vidéos créatives pour les plateformes numériques intitulées « Journal d’un homme en quarantaine », qui abordent les questions de violence envers les femmes, mais aussi celles de la répartition des tâches selon les genres durant la pandémie. »

Des voix importantes, des histoires pertinentes

Qu’il soit question de paix, de genre, de justice sociale ou d’équité, vos voix sont importantes et vos histoires sont pertinentes. Partagez-les, créez du mouvement et mobilisez-vous, afin de rendre vos revendications visibles. Le futur de chacun est celui de tout le monde, celui de la planète et il est temps de faire entendre sa voix, pour que l’histoire devienne collective plutôt qu’individuelle.

« Nous sommes résolus à ce que les organisations de la société civile, les mouvements sociaux et les bénévoles aient un rôle essentiel à jouer pour soutenir l’action communautaire et s’assurer que les plus vulnérables ne soient pas laissés pour compte dans le contexte actuel », selon Action for Sustainable Development.

Dans le cadre de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU), une SDG Action Zone offrira un espace pour des conversations plus approfondies sur l’inclusion, les technologies, les réalités rurales et urbaines. Des jeunes activistes pour le climat aux leaders féminins, ces conversations s’appuieront sur les points de vue des militants des communautés locales œuvrant en première ligne et souvent confrontés à de multiples challenges.

Jouer un rôle dans le réel

Si le numérique permet la diffusion d’un message à grande échelle, il est important de prendre conscience que cet outil n’est pas l’unique façon de se mobiliser, et de mobiliser les autres autour de soi. La crise actuelle a lieu au-delà de nos écrans, où les réalités sont souvent modelées et présentées en fonction des intérêts individuels, créant ce que l’on appelle des « bulles filtrantes ». Dans un monde où les gouvernements peuvent facilement façonner une image qui répond à vos critères de consommation ou d’idéologie, il est important de prendre conscience que vous avez un rôle à jouer dans les représentations de ces réalités.

« Les gens ont besoin de comprendre que nous vivons sur une seule planète, et qu’il faut une solidarité mondiale et une collaboration plus forte, » déclare Adriana Aralica, de la plate-forme slovène des ONG, Sloga. « Ce n’est qu’ensemble que nous relèverons ces défis, et ferons en sorte que chacun ait un siège à la table lorsque des décisions sont prises. »

Afin de développer des messages clés et des demandes pour que les décideurs politiques prennent des décisions politiques proactives, la société civile est aujourd’hui déterminée à agir pour la planète et l’humanité, en s’assurant que personne n’est laissé pour compte.

Let’s #TurnItAround !

*Forus International est un réseau mondial composé de Plateformes Nationales d’ONG et de Coalitions Régionales apportant une contribution collective au développement, à la paix, à la démocratie, au développement durable et à la justice.

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