Edito: et si vous vous mettiez spontanément au ralenti pour minimum 15 jours?

Edito: et si vous vous mettiez spontanément au ralenti pour minimum 15 jours?
Belga

L’admission de Sophie Wilmès, l’ex-Première ministre, aux soins intensifs a fait l’effet d’un choc ce jeudi. Le symbole soudain de l’universalité de ce virus qui frappe partout et tout le monde. Que celle qui a mené, si souvent seule, le combat contre le covid soit à son tour touchée ramène à la dimension très humaine de cette lutte qui se mène au final entre soi et la maladie. C’est une alerte supplémentaire sur la gravité de ce que nous traversons et la nécessité de faire, là où nous sommes, tout ce que nous pouvons pour éviter ces extrémités.

La responsabilité de chacun

La responsabilité de chacun, c’est un terme souvent martelé par les dirigeants chargés d’annoncer les mesures. Eh bien, à l’heure où le gouvernement s’est limité à durcir les protocoles culturels et sportifs, au moment où chaque niveau de pouvoir fait sa « popote » antivirus dans son coin – Bruxelles et la Wallonie veulent les pouvoirs spéciaux, Liège en appelle aux militaires pour faire tourner un hôpital de campagne, les Wallons passent aux tests salivaires pour leurs maisons de repos et Molenbeek pour ses enseignants –, et alors que la solidarité entre hôpitaux est toujours honteusement mise à mal, voici une suggestion : et si vous décidiez de passer dès aujourd’hui « en confinement par défaut » ?

C’est une suggestion de l’épidémiologiste Yves Coppieters et elle est excellente : « Si on changeait de positionnement ? Si on passait au confinement par défaut structurellement en sortant protégé, uniquement pour les activités prioritaires - l’école, le travail, les courses : casser les transmissions en fonctionnant au ralenti pendant minimum 15 jours. »

Aux commandes

Le peuple veut une règle claire ? Eh bien la voilà, super-claire, car elle renverse la perspective et nous place aux commandes : mettons-nous nous-mêmes en confinement sans attendre que les autorités, ou un test positif, ne nous l’imposent. Soit la version vertueuse du lockdown  :

primo, parce qu’il est consenti – nous le décidons nous-mêmes – et secundo, parce qu’il va combattre directement l’épidémie – nous l’appliquons maintenant et pas dans 15 jours, après avoir constaté la catastrophe avec des courbes qui ne s’aplatissent pas comme espéré.

Etre acteur de son destin : c’est impératif désormais, quand l’autorité publique décide trop souvent trop peu et trop tard.

Coronavirus: le sort de la culture et du sport en passe d’être réglé lors du Comité de concertation

Par Xavier Counasse et Maxime Biermé

Alexander De Croo a décidé d’accélérer le tempo. Il a convoqué virtuellement ses ministres et les ministres-présidents des Régions et communautés pour une réunion jeudi soir à 20 heures.
Alexander De Croo a décidé d’accélérer le tempo. Il a convoqué virtuellement ses ministres et les ministres-présidents des Régions et communautés pour une réunion jeudi soir à 20 heures. - EPA.

Le mauvais film « coronavirus, le retour », continue et le scénario du pire s’impose. Plus de 3.000 personnes souffrant du covid sont désormais hospitalisées en Belgique. Plus de 500 aux soins intensifs. Parmi elles, Sophie Wilmès (MR), l’ex-Première ministre – visage de la lutte contre le virus ces huit derniers mois. Son médecin assure « n’avoir aucune inquiétude », et qu’elle pourrait très vite rejoindre la case des « sorties ». Tout de même, Super-Sophie mise au tapis, c’est un symbole glaçant pour les 11 millions de Belges qui attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés par le Comité de concertation, épisode 3.

On s’attendait à un troisième vendredi d’affilée rythmé par les rumeurs avant une conférence de presse en soirée, mais l’actuel Premier, Alexander De Croo (Open VLD), a décidé d’accélérer le tempo. Il a convoqué virtuellement ses ministres et les ministres-présidents des Régions et communautés pour une réunion jeudi soir à 20 heures. Techniquement, cela n’a rien d’extraordinaire. Avant la « grand-messe », il y avait toujours plusieurs rencontres préparatoires du Comité de concertation. C’est à ce niveau que les représentants du fédéral et des Régions découvrent les mesures des experts, les chiffres et qu’ils tranchent une première fois sur tous les points qui fâchent. Ce qui surprend, c’est que celle de jeudi soir a été ajoutée à l’agenda à la dernière minute.

Des ajustements, pas des bouleversements

A l’heure de boucler ces lignes (23 heures), la réunion de ce jeudi n’était pas encore terminée. Certains espéraient toutefois sortir avec un accord durant la nuit, afin que les nouvelles mesures puissent entrer en application dès le week-end. Sinon, tout ce petit monde se retrouvera vendredi à 14 heures pour l’arbitrage final, comme prévu initialement.

A quoi faut-il s’attendre ? « A un nouveau renforcement des mesures par secteur », assure un participant. « On avait rouvert le robinet lors du dernier CNS de Sophie Wilmès en septembre. Depuis, on referme petit à petit mais pas complètement », poursuit un autre. À moins d’un retournement de situation, on ne se dirigerait donc pas vers un confinement à la « dure » comme l’a plaidé Emmanuel André (KU Leuven) en début de semaine, avant de recevoir le soutien de Marius Gilbert (ULB). « Je pense qu’on n’a pas le choix », a déclaré l’épidémiologiste au JT de la RTBF alors qu’en parallèle, 3.000 supporters observaient la défaite du Standard au stade de Sclessin. « Plus on intervient tôt, plus l’impact de l’intervention sera important. On ne va pas y échapper si on veut éviter une situation comme en Italie lors de la première vague », reprend Gilbert.

Le but des nouvelles mesures reste de réduire au maximum le nombre de contacts. On devrait toutefois conserver notre « personne à câliner » en dehors du ménage, l’attention à l’impact psychologique étant un élément central, contrairement au premier confinement. On devrait aussi « sauver » un minimum la culture et le sport. Les Régions ne comptent pas se laisser dicter toutes les consignes par le fédéral. Flandre et Wallonie se seraient en effet beaucoup parlé cette semaine et auraient présenté un plan commun au commissaire coronavirus Pedro Facon. C’est d’ailleurs ce qui avait été demandé…

Pedro Facon et son équipe ont tranché sur les derniers points d’interrogation dans quelque 200 plans sectoriels, correspondant à autant de code couleurs qui existent en Belgique. Reste la validation politique. Dans le viseur : le sport, avec notamment la réduction (voire disparition) des supporters dans les stades. « Symboliquement, le fait qu’il y ait plusieurs milliers de personnes masquées dans les stades mais que l’horeca soit fermé passe mal », entend-on autour de la table. Côté culture, musées et/ou théâtres devront sans doute revoir leur organisation avec des mesures plus sévères encore. Dur, mais toujours moins que de tout fermer. Des « compensations » pour ce secteur sont en discussion. L’enseignement supérieur pourrait également se voir imposer de nouvelles contraintes. Quant au télétravail, il sera plus clairement recommandé, car la mesure n’aurait pas été suivie aussi assidûment que prévu depuis le début de la semaine.

Protocoles peaufinés

Notez qu’il était prévu depuis vendredi dernier de valider tous ces protocoles cette semaine. Ce travail a donc été « peaufiné » par le commissaire Facon et des représentants des différents secteurs. Ces protocoles devraient donc désormais tous être « compatibles » avec le baromètre de la vie sous le coronavirus établi par les experts du Celeval. Un baromètre dont on sait qu’il repose sur quatre niveaux d’alerte, déterminés par le nombre de contaminations et d’hospitalisations. Au niveau actuel, c’est simple : toute la Belgique est en alerte maximale (zone 4), sauf la province de Limbourg (zone 3). Côté wallon et bruxellois, on est même en zone 4 très très vive. Il va donc falloir attendre un bon bout de temps avant de pouvoir redescendre d’un échelon.

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