«Le présentiel à tout prix est-il adapté à la situation actuelle?»

«Le présentiel à tout prix est-il adapté à la situation actuelle?»

Depuis peu, le télétravail devient la règle lorsqu’il peut être organisé. À l’école, on s’y refuse envers et contre tout ! Pourtant, depuis la rentrée, les conditions de travail sont médiocres au regard de celles proposées en entreprise : classes surchargées d’élèves (24 chez les plus jeunes, 27, 28 et même 30 chez les plus âgés !), distanciation sociale impossible dans un grand nombre de locaux, port du masque 7 heures de cours par jour et 32 heures par semaine ! On prévoit encore de renforcer le masque à la cour : la respiration de nos jeunes n’est-elle pas aussi un enjeu sanitaire ? L’aération est présentée comme une nécessité.J’ignorais que les classes étaient équipées d’un système performant pour renouveler l’air : les températures automnales feront leur lot de malades. Aujourd’hui, le constat dans les écoles est conforme à l’évolution de la pandémie : près d’un quart du corps enseignant est malade ou mis en quarantaine. Quand on sait qu’un établissement n’est plus « organisé » avec l’absence de 25 % de ses éducateurs et 20 % de ses professeurs, on comprendra que la version adaptée du code orange ne sera plus tenable très longtemps : quel est l’avantage pédagogique pour des élèves qui collectionnent les heures de fourches ? Il faudra nécessairement refaire tomber la pression…

Chaque situation de crise nécessite de trouver un point d’équilibre entre le personnel disponible et lenombre d’élèves à encadrer. Actuellement, les professeurs prestent un horaire complet devant des classes qui se dépeuplent de semaine en semaine. Ils n’ont pas nécessairement le temps d’organiser un suivi efficace pour ceux qui sontécartés. « Inviter » ces derniers en classe par l’intermédiaire de la vidéoconférence peut être une solution lorsque le nombre ne dépasse pas les quelques unités. Dans le cas contraire, elle perd de son efficacité, car le professeur doit alors gérer deux groupes en même temps : la classe devant lui et celle à la maison. En fonction du contexte disciplinaire et de l’âge des jeunes, cette gageure peut devenir impossible.Trouver un équilibre, c’est aussi envisager que les apprenants peuvent, à certains moments de la semaine, être plus efficaces chez eux que dans un climatde classe tendu. Dans une situation de crise qui n’a pas encore atteint son paroxysme, il semble raisonnable de procéder à une alternance systématique à partir de la 4ème année du secondaire avec 2 ou 3 jours de présence à l’école en fonction des semaines. Il ne s’agit plus de revivre la situation d’un confinement total dans laquelle certains jeunes disparaissaient des écrans radars durant plusieurs semaines, mais bien d’organiser un enseignement de qualité dans les meilleures conditions possibles que ce soit à l’école ou à la maison.

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