«Je me laisse jusque décembre pour décider si je continue ce métier»
Dominique Duchesnes

«Je me laisse jusque décembre pour décider si je continue ce métier»

Un témoignage recueilli par Catherine Makereel

Ma vie a basculé à cause du coronavirus car j’ai un statut qui n’est pas reconnu. Je suis guide freelance pour une dizaine d’institutions comme les Musées royaux des Beaux-Arts, la Maison Autrique ou encore le Wiels. Dans ce métier, il n’y a pas vraiment de normes, tout le monde s’arrange à sa sauce. Moi, je passe par la Smart (plateforme coopérative de services mutualisés, NDLR) mais j’ai un statut qui ne rentre pas dans les cases : ni employé, ni indépendant. Je n’ai donc reçu aucune aide, droit passerelle ou autre.

La Smart a essayé de mettre en place un dédommagement pour chaque contrat encodé mais les visites s’organisent assez tard. Pour avril et mai, je n’avais donc rien à encoder. Ce n’est pas que je n’avais rien prévu mais les visites allaient venir au fur et à mesure. De mars à septembre, je n’ai rien touché du tout.

Déjà en temps normal, c’est un métier précaire qui oscille entre des mois creux, surtout en été, et des mois denses. De plus, en septembre, j’ai découvert que je n’avais pas droit au chômage. Pourtant, je cotise à la Smart mais je n’ai pas comptabilisé assez d’heures. Notamment parce que j’ai repris un master en études de genre il y a deux ans et donc, pour assister aux cours, j’ai moins travaillé. Ça fait trois ans que je suis guide. C’est un métier qui se construit. Il faut se faire sa place. Tout se mettait en place. J’avais acquis une certaine reconnaissance là où je travaillais. Et voilà que les musées sont à nouveau fermés. Jusqu’à septembre, j’y croyais encore. Mais là, je me laisse jusque décembre pour décider si je continue ce métier. »

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