Carte blanche: «Nous avons collectivement un devoir d’espoir»

Carte blanche: «Nous avons collectivement un devoir d’espoir»
Belga

Pour beaucoup d’observateurs il y a eu au début des années 2000 un point de rupture dans le progrès social. Certains affirmant même que, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, une génération vivra moins bien que celle de ses parents. Après avoir déjà subi les conséquences de la crise de 2008, cette même génération est aujourd’hui frappée de plein fouet par la crise du covid-19 dont elle devra longtemps porter les stigmates.

A la différence de crises précédentes, la crise que nous connaissons a cette particularité qu’elle nous affecte tous mais de façon différenciée selon les générations, des plus anciens qui vivent la peur du virus au ventre aux plus jeunes pour lesquels la privation de liberté est probablement la plus cruelle.

Tout le monde espérait pourtant que cette crise serait le plus rapidement derrière nous. Quelle réjouissance cet été, après une longue hibernation printanière, de pouvoir retrouver sa famille, de revoir certains collègues ou de retrouver quelques amis en terrasse. Tous ces plaisirs qui donnent à la vie sa saveur et dont la privation nous permet d’en apprécier la juste valeur.

Vague de chaleur et vague de froid

Depuis les nouvelles mesures de vendredi, la déprime nous guette en réalisant que ce long été n’aura été qu’une trop courte parenthèse entre deux confinements. Ce coronavirus ne semble offrir aucun répit, aucune perspective. Si le premier confinement s’accompagnait du bourgeonnement de la nature et des journées qui s’allongent, le second s’inscrira dans la grisaille de novembre et la perspective de fêtes de fin d’année qui n’en seront pas.

Chaque mort est un mort de trop et chaque mort est un doute de plus sur nos routines qu’on pensait infaillibles. Pourtant, dans ce contexte difficile, nous avons collectivement un devoir d’espoir. Car il y a des perspectives. Ne dit-on pas qu’à perdre son temps dans une querelle entre le passé et le présent, on découvrira surtout qu’on a perdu l’avenir.

Prise de conscience

La crise du covid-19 nous a fait prendre conscience de nos vulnérabilités personnelles et collectives. Elle nous a fait réaliser la nécessité de dissocier le principal de l’accessoire et la nécessité d’investir dans ce qui nous est cher, dans ce qui nous lie et ce qui nous renforce en tant que société. A tous ceux qui pensent que la politique ne peut et veut rien, je les encourage à regarder l’évolution de ces douze derniers mois.

Aujourd’hui, vous ne trouverez plus un politique (de gauche comme de droite) qui pense qu’il ne faut pas assurer un financement adéquat des soins de santé et des structures collectives qui nous protègent en cas de crise systémique.

Aujourd’hui, vous ne trouverez pas un politique qui pense qu’il ne faut pas réinvestir massivement dans nos réseaux (d’énergie, de transport ou de données) pour accélérer la transition vers une économie plus respectueuse des plus faibles et de l’environnement.

Aujourd’hui la même Commission européenne qui, il y a encore quelques mois, contraignait les Etats membres dans leurs investissements, non seulement ne les freine plus mais les encourage et leur donne les moyens pour investir massivement et rapidement.

L’épidémie de covid-19 est et restera une catastrophe sanitaire et économique sans précédent. Pourtant je souhaite et je suis intimement convaincu que l’Histoire retiendra aussi que cette crise aura permis de changer notre logiciel collectif, de prendre conscience de nos failles et d’entamer, via des investissements ciblés, une transition vers une société plus inclusive et plus résiliente.

Préparer le plan de relance

C’est cette perspective que nous devons nous donner. Car vivre sans espoir, c’est naviguer sans boussole.

A court terme dans les prochaines semaines et probablement les prochains mois, tant que l’épidémie ne sera pas vaincue, le seul plan de relance valable, c’est de combattre le virus. Cela doit être notre seule et unique priorité individuelle et collective.

En parallèle, même si le timing de son déploiement est encore incertain, nous devons dès à présent mettre tout en œuvre pour préparer de façon la plus précise et concrète un plan de relance afin de pouvoir le déployer dès que les conditions sanitaires le permettront.

Ainsi, nous pourrons porter une vision résolument ambitieuse de l’avenir et la matérialiser par des projets concrets qui changent la vie de nos concitoyens et qui modifient nos villes et nos campagnes. C’est l’espoir de ma génération et c’est notre devoir.

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