Le carnet de bord de l’urgentiste: «Un manque total de reconnaissance pour les infirmiers»

Alexandre Ghuysen: «On a un Monsieur qui est là depuis neuf jours, cela crée un attachement inhabituel.»
Alexandre Ghuysen: «On a un Monsieur qui est là depuis neuf jours, cela crée un attachement inhabituel.» - D.R.

A l’hôpital, la situation se calme petit à petit. Tout indique qu’on vient de passer le pic, mais l’activité reste extrêmement importante. Or il règne au sein du personnel infirmier comme un sentiment de trahison, ou plutôt de mépris. Je ne suis pas leur porte-parole, mais la loi qui vient d’être votée a un impact terrible sur le personnel (il s’agit d’une loi qui permet, vu l’urgence sanitaire, à toute personne non qualifiée d’exercer des activités relevant de l’art infirmier, NDLR). Je comprends l’intention initiale de ce texte, qui tente de répondre au manque de moyens humains. Sauf qu’il est vécu comme un manque total de reconnaissance envers le métier d’infirmier.

D’abord, il faut savoir qu’en Belgique, un infirmier s’occupe en moyenne de 10 malades. Les pays les plus performants, comme la Norvège, tournent plutôt autour d’un infirmier pour 5 malades. Structurellement, on manque donc d’infirmiers par rapport au nombre de patients à soigner. Et ça, ça ne date pas du covid.

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