Carnet de l’intensiviste: «La gestion des lits est devenue très compliquée, on s’en sort mais c’est toujours sous tension»

Dr Sabrina Joachim: « À titre personnel, je n’ai pas peur d’attraper le covid. Mais je crains vraiment de le ramener à la maison et de contaminer mes proches.»
Dr Sabrina Joachim: « À titre personnel, je n’ai pas peur d’attraper le covid. Mais je crains vraiment de le ramener à la maison et de contaminer mes proches.» - Marc Trippaerts.

La gestion des lits est devenue très compliquée. Pour les patients covid, il y a de la marge. Pour les non-covid, cela coince un peu. Nos deux salles de réanimation sont ouvertes - salles « 30 » et « 39 », 24 lits chacune -, et il y a six lits en salle « 19 », le bloc opératoire, provisoirement transformé en salle classique pour accueillir davantage de patients en soins intensifs. Pour l’instant, on s’en sort, mais c’est toujours sous tension.

Pour mémoire, nous fonctionnons par sous-unités de six lits. Dans la salle 30 qui est entièrement dévolue aux cas covid, j’ai vingt-deux patients covid, il n’y a donc plus que deux lits libres. Vingt sont sous anesthésie générale, seulement deux sont conscients, trachéotomisés, en cours de sevrage du respirateur, sans anesthésie aucune et sur les lèvres desquels nous pouvons lire, communiquer. Ce sevrage est une période de plusieurs jours, durant laquelle il faut réapprendre au patient covid sévère à respirer.

Vous désirez lire la suite ?
1€ le 1er mois
(sans engagement)
J'en profite
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct