Carnet de bord de l’urgentiste: «Il y a un extrême niveau d’épuisement»

Alexandre Ghuysen.
Alexandre Ghuysen. - DR.

Ce qui me marque, c’est l’extrême niveau d’épuisement des équipes. Cela va au-delà de la lassitude. C’est beaucoup plus marqué que lors de la première vague. Ce qui nous fait tenir, c’est l’espoir d’un vaccin, de sortir de ces épisodes confinement/reconfinement, fonctionnement normal/refonte des services. Mais on n’y est pas encore ! Cette instabilité permanente devient lassante et est difficile à gérer. On a du mal à retrouver un élan vital. Et puis, il y a l’incertitude de ce qui se passera entre le moment où on va déconfiner et l’arrivée d’un vaccin. Tout le monde voit arriver avec crainte la période des fêtes et le risque d’une reprise de l’infection qui irait avec. On comprend que ça va être difficile d’empêcher les rassemblements et c’est donc comme s’il y avait une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Or, Dieu sait comme le personnel a besoin de souffler. Il est en apnée depuis des mois. Actuellement, la phrase « je suis épuisé » est celle que j’entends le plus. Dormir calmement ?

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