Carnet de bord de l’intensiviste: «Voir un patient faire un Sudoku, quel bonheur!»

Sabrina Joachim.
Sabrina Joachim. - D.R.

On le répète depuis des semaines, mais nous sommes vraiment épuisés. C’est unanime : médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, femmes d’ouvrage, aides logistiques, toute l’équipe est sur les genoux, physiquement et émotionnellement. Et quand on entend parler de potentielle troisième vague, c’est le désespoir… Lors de la première, le mot d’ordre était « haut les cœurs ». On y mettait plein d’ardeur, de courage et d’énergie. Mais on en est ressorti crevés. Et là, on a l’impression de laisser tellement d’énergie dans nos journées de travail qu’il ne nous en reste plus du tout quand on rentre à la maison. De toute façon, il ne reste pas grand-chose à faire après le boulot. Le confinement nous prive de nos exutoires habituels : vie culturelle, sociale, sportive. Mais il y a plus à plaindre que nous. Ma sœur est commerçante, sa situation est bien pire que la mienne. C’est même indécent de se plaindre quand on travaille et que l’on a un salaire. Même fatigués, on est conscients et ravis d’avoir la chance de participer à l’effort collectif.

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