Mode d’emploi – Le covid accélèrela numérisation du marché de l’emploi

Mode d’emploi – Le covid accélèrela numérisation du marché de l’emploi

En marche depuis plusieurs années, la numérisation de l’emploi s’est considérablement accélérée avec la crise du coronavirus. Si ce phénomène avait montré ses avantages bien avant le début de la pandémie, la situation actuelle en a démontré l’urgence. L’accentuation de cette numérisation s’est, quant à elle, manifestée à la fois au niveau de l’organisation du travail en lui-même mais aussi de l’identité de certains business. « La numérisation est venue solutionner une situation qui nous a été imposée dans l’urgence. Son accélération a surtout été basée sur l’usage de moyens numériques conduisant à une augmentation de la connexion, de la proximité, de l’efficacité ou encore du confort de travail. Mais parallèlement à cela, la numérisation a également profondément transformé le business de certaines entreprises », confie Jeroen Franssen, expert du marché de l’emploi chez Agoria Wallonie.

Ainsi, le secteur du transport et de la logistique, par exemple, a déplacé son activité du B2B ou B2C depuis l’arrivée de la pandémie. Pour transformer les modes de distribution, un recours au numérique a été nécessaire pour de nombreuses entreprises. « C’est un secteur en pleine évolution. Il ne faudrait pas s’étonner de voir arriver, dans les années à venir, un modèle de centralisation de la logistique avec des livraisons de paquets via drones », estime Jeroen Franssen.

Le secteur de la vente a, lui aussi, largement mobilisé le numérique tout au long de cette crise. Outre la création de plateformes de ventes en ligne, l’absence de proximité avec les clients a poussé un certain nombre d’enseignes à mesurer les comportements des consommateurs grâce à l’usage d’outils numériques.

D’une solution à une option

Si la numérisation s’est imposée à beaucoup comme une solution au vu de la situation inédite que nous traversons, une fois le déconfinement entamé, l’heure viendra de la considérer ou non comme une option. « Les entreprises vont devoir en mesurer l’efficacité et choisir une combinaison des meilleurs aspects des deux mondes (numérique et physique) pour faire évoluer leur activité », considère l’expert du marché de l’emploi d’Agoria, « Le monde de l’enseignement est un bon exemple. Les écoles vont devoir se demander s’il est judicieux d’abandonner complètement les cours en ligne, si c’est efficace d’avoir un professeur devant chaque classe à chaque moment de la journée. Ou au contraire opter pour un modèle hybride empruntant des éléments aux deux situations ».

Avant la crise, Agoria craignait déjà que 584.000 postes vacants soient non pourvus en 2030 si aucune politique adaptée n’était développée, une crainte qui tendrait à se décupler au vu de l’accélération du phénomène. « C’est la raison pour laquelle il est crucial d’empêcher toutes formes d’inactivité sur le marché. Un comportement inactif dans ce contexte risque de mettre d’emblée les talents hors-jeu, ils doivent donc continuer à se former sans se reposer sur leurs acquis », insiste Jeroen Franssen. Dans ce contexte, les agences régionales pour l’emploi que sont le Forem, Actiris ou le VDAB, ont également un rôle crucial à jouer. « Il est indispensable qu’ils redoublent d’efforts pour accompagner les demandeurs d’emploi et les travailleurs vers des formations renforçant leur employabilité. Ils doivent également, plus que jamais, aiguiller les demandeurs d’emploi vers les métiers du futur ou les former aux compétences de demain », développe l’expert.

Côté compétences, la protection des données s’est révélée comme l’une des compétences numériques essentielles depuis le début de la pandémie. D’autres aptitudes, humaines cette fois, figurent désormais aussi dans le package des compétences attendues dans le futur. Parmi elles figurent la créativité, l’autonomie mais aussi l’empathie. « A distance, il faut pouvoir transmettre des informations en se mettant dans la situation d’une personne qu’on ne voit pas physiquement, il s’agit donc d’une qualité prisée aussi dans le monde numérique », conclut Jeroen Franssen.

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