Fil info

Carte blanche: Gestion de crise ou gestion de risque?

d-20210118-GKVHZH 2021-01-18 19_09_48
Reuters

En infectant une population mondiale non immunisée et en frappant principalement les personnes âgées et/ou celles avec des comorbidités, le SARS-COV2 a révélé les limites de notre système de santé et de notre société en général dans la lutte contre un virus se transmettant principalement par voie aérogène.

Crises et protestations en cascade

Avec comme objectif la limitation maximale des contacts entre individus, le confinement total a été la solution ultime pour contrer une vague épidémique en croissance exponentielle. Les différentes étapes du déconfinement avec la fermeture des activités qualifiées de « non essentielles » ont illustré l’approche de type « gestion de crise » par le politique. Crise économique, crise de l’enseignement, crise culturelle, sportive, événementielle, etc. Succession de crises sur lesquelles se greffent aujourd’hui une perte de confiance et un désenchantement de la population, une épidémie de problèmes psychosociaux chez les jeunes se qualifiant de « génération sacrifiée » et l’émergence de mouvements contestant le port du masque, les entraves à la liberté individuelle ou l’usage du vaccin.

Des restrictions sans distinctions

Alors que les modes de transmission du virus sont bien connus ; par gouttelettes émises sur une distance de 1-1,5 m et micro-gouttelettes émises en nuage jusqu’à 5 -6 m à l’occasion d’un épisode de toux, d’éternuement, de chants ou de parole plus ou moins forte, les mesures édictées par les autorités sont appliquées à toutes les circonstances de la vie courante d’une manière peu discriminée, ressentie comme arbitraire, suscitant incompréhension et résistance croissante. La limitation à 15 personnes pour la fréquentation des lieux de culte, que ce soit la Basilique de Koekelberg ou la chapelle d’un village, en est un exemple parmi d’autres.

Cette approche est sous-tendue par le principe de précaution érigé en valeur absolue. Elle implique que, quelles que soient les circonstances, le risque est considéré comme maximal tant que le virus circule. Le problème est qu’à part un niveau tendant vers zéro (approche chinoise) on ne connaît pas les valeurs en incidence et prévalence qui seraient acceptables, même avec un taux de reproduction (R0) inférieur à 1, pour autoriser un retour à la normale.

En fixant les objectifs à moins de 75 hospitalisations /j ; les nouveaux cas inférieurs à 800/j et tests PCR positifs <3 % on est confronté depuis plusieurs semaines à un plateau dont la décroissance très lente conduit malgré la situation favorable des hôpitaux, à n’envisager un relâchement des mesures que d’une manière très progressive ou à un horizon lointain ; insupportable pour toutes les activités actuellement à l’arrêt.

Considérer le « risque relatif »

L’alternative est la gestion d’un « risque relatif » lié aux circonstances propres à chaque activité et la généralisation des mesures qui peuvent réduire les risques de transmission du virus. Il est évident, à titre d’exemple, que dans une salle comme le Cirque Royal à Bruxelles, comme dans bien d’autres lieux culturels, avec un système de ventilation performant, et avec des spectateurs portant un masque chirurgical propre et respectant une distanciation sociale, le risque relatif d’une transmission du SARS-COV2 est quasi nul. La même approche peut s’appliquer aisément aux autres activités avec public en portant une attention particulière en termes de ventilation et stérilisation de l’air à l’horeca où par nécessité le masque est enlevé. Aux Etats-Unis, dans l’État de Washington, les restaurants viennent d’être autorisés à rouvrir avec jauge si par une ventilation adéquate la concentration en CO2 dans l’air intérieur est de 450 ppm, proche de celle de l’air extérieur.

Même avec une vaccination massive, le virus ne va pas disparaître et persistera sous forme endémique. Une évaluation précise du risque relatif inhérent à chaque activité associée aux investissements adéquats pour contrôler la transmission aérogène permettrait d’envisager de vivre le plus normalement possible « malgré » le virus plutôt que de subir les alternances confinement/déconfinement aux effets douloureux pour la société.

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct

     

    Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

    Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

    1€
    le 1er mois
    J'en profite
    Déjà abonné?Je me connecte
    Aussi en Cartes blanches