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Carte blanche sur les candidats médecins spécialistes: des semaines de travail de 60 heures ne se justifient pas!

Carte blanche sur les candidats médecins spécialistes: des semaines de travail de 60 heures ne se justifient pas!
Belga

Jonas Brouwers, président de l’Association flamande des spécialistes en formation, n’a laissé aucune place au doute vendredi dernier : s’il n’y a pas de proposition claire le 19 mai pour améliorer le statut des médecins spécialistes en formation, des actions seront envisagées. La demande d’un meilleur statut est légitime. Le troisième cycle de la formation (après trois années de bachelor et trois années de master) des médecins généralistes et spécialistes est organisé comme un « master après master ». Une grande partie de cette formation consiste en un « apprentissage sur le lieu de travail » : formation en médecine générale ou à l’hôpital, sous la supervision d’un maître de stage, agréé par le ministre fédéral de la Santé publique. Mais le maître de stage de l’assistant en formation est à la fois son employeur et son évaluateur, ce qui crée des tensions qui parfois mettent en danger les possibilités de formation théorique et de travail scientifique.

Moins de pression

Cette tension existait également chez les médecins généralistes : il n’y avait souvent qu’un seul formateur et un seul assistant en médecine générale dans le cabinet de formation, ce qui laissait parfois les médecins généralistes en formation dans une position de faiblesse. C’est pourquoi, en 2009, un arrêté royal a été adopté pour modifier leur position et leur paiement. Désormais ils travaillent tous dans le cadre d’une association interuniversitaire sans but lucratif (SUIasbl), qui les rémunère mensuellement. L’ASBL est financée par l’Inami (environ 32.000 euros par an pour les trois années de formation) et par une contribution mensuelle du maître de stage à l’ASBL (environ 1.600 euros par mois). La tâche pédagogique est ainsi séparée du cadre juridique de l’emploi. Le système est entièrement électronique et fonctionne sans problème, à la grande satisfaction des assistants en médecine générale, des maîtres de stage et des formateurs académiques. Le système est également parfaitement adapté aux hôpitaux. Tous les assistants en médecine générale en Flandre sont en effet formés pendant six mois dans un hôpital et, là aussi, la satisfaction vis-à-vis du système est élevée.

Pour les médecins spécialistes en formation, un emploi salarié dans une organisation interuniversitaire à but non lucratif semble une solution idéale. Cela réduirait la pression qu’ils subissent de la part des employeurs hospitaliers et laisserait plus de place à un véritable « apprentissage sur le lieu de travail », complété par une formation théorique. En outre, tous les assistants spécialistes en formation auraient alors les mêmes conditions de travail et les mêmes conventions de formation, quel que soit l’université ou l’hôpital où ils effectuent leur formation pratique.

En 2010, une loi a été adoptée pour réglementer la durée de la formation : les médecins en formation sont autorisés à travailler un maximum de 48 heures par semaine, qui peut exceptionnellement être porté à 60 heures. En médecine générale, 48 heures était la règle dès le départ. Cela donne suffisamment d’occasions d’apprendre dans la pratique, de réfléchir et de réaliser un travail scientifique (un mémoire de master).

Dans la formation des médecins spécialistes, des pressions sont souvent exercées pour qu’ils « optent » pour le régime des 60 heures. Ce n’est pas nécessaire : si vous établissez un itinéraire raisonnable de cinq à six ans de formation pour devenir un spécialiste, 48 heures par semaine fourniront certainement un temps de formation suffisant pour acquérir toutes les connaissances, compétences et attitudes.

Un anachronisme inacceptable

Le problème majeur reste que le « salariat » n’est pas un statut d’employé à part entière, mais un statut spécifiquement conçu pour cette formation. Cela signifie que la protection sociale est incomplète car aucune cotisation de sécurité sociale n’est versée pour le chômage et la retraite. Un certain nombre de dispositions telles que le « congé palliatif », n’ont pas été développées. C’est un anachronisme inacceptable au XXIe siècle. Si un spécialiste obtient un diplôme dans un domaine où les possibilités de travail sont rares, il ne peut compter sur aucune forme d’allocation (de chômage). La solution au problème est simple : donner aux assistants en médecine spécialisée un statut similaire à celui des assistants en médecine générale, et donner à tous deux une protection sociale complète (y compris le chômage et les pensions). Ensuite, outre les médecins généralistes satisfaits, il y aura aussi des médecins spécialistes satisfaits qui obtiendront leur diplôme. Ils auront le sentiment d’avoir été « bien encadrés pendant leur formation » et d’avoir été correctement rémunérés. La population a tout intérêt à ce que les médecins puissent commencer leur carrière professionnelle avec ce sentiment.

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