lesoirimmo

Le cimetière d’Almagro ouvre la porte de la «cour des misérables»

Regina Robledo montre une photographie de son père, Emilio, devant les portraits des victimes à l'entrée de la fosse commune où elles ont été enterrées.
Regina Robledo montre une photographie de son père, Emilio, devant les portraits des victimes à l'entrée de la fosse commune où elles ont été enterrées. - Jaime Villanueva

A la prison d’Almagro, près de Ciudad Real, un homme condamné à mort écrit à ceux qui lui survivront. Il s’appelle Santos Racionero. Il a 24 ans, il sait qu’il ne fêtera pas ses 25 ans, mais il couche encouragements et pieux mensonges (« Je vais bien », « Je n’ai pas besoin d’autant de lait », « Mère, épargne-toi ces trajets… ») sur de petites feuilles de papier ou du papier à cigarettes qu’il enroule et dissimule entre ses vêtements ou dans la casserole de nourriture que lui apporte sa sœur Josefa. Le rituel se reproduit chaque jour, pendant trois mois, jusqu’au matin du 9 septembre 1939, lorsque Josefa est prévenue que ce n’est plus la peine de venir. Quatre-vingts ans plus tard, María José Bautista, petite-fille de Josefa, nous montre ce trésor de papier : presque une centaine de lettres minuscules, écrites par un jeune homme condamné dont la seule préoccupation est que les siens « ne soient pas tristes » et sachent qu’il ne leur a laissé aucune « tache ».

Vous désirez lire la suite ?
1€ le 1er mois
(sans engagement)
J'en profite
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct