Fil info

Un week-end de fête pour les athlètes belges

@News
@News

Avec les Jeux de Tokyo qui approchent à grands pas, les athlètes belges semblent presser le leur. Ce week-end, plusieurs d’entre eux ont sérieusement appuyé sur l’accélérateur et les résultats ont suivi. Deux d’entre eux – Eliott Crestan sur 800 m et Ismaël Debjani sur 1.500 m – ont réussi les critères olympiques, ce qui porte le nombre de sélectionnés individuels pour les JO à 15 à l’heure actuelle. Debjani en a profité pour améliorer son propre record de Belgique, performance qu’a également réalisée Paulien Couckuyt sur 400 m haies, où elle a égalé le record national d’Ann Mercken, qui datait de 1996. De quoi faire le point.

Debjani efface ses frustrations

Cela faisait plusieurs jours qu’Ismaël Debjani prétendait avoir les jambes pour descendre sous les 3.35.00 exigés sur 1.500 m pour les JO. Mais il était tombé sur deux courses mal menées, à Huelva et à Hengelo, la semaine dernière, où il avait terminé en 3.36.71 et 3.36.01, et n’avait pas été à Marseille… où les chronos avaient flambé. Malgré les réticences de son entraîneur, le Carolo a pris, en dernière minute, la décision d’aller à Genève ce samedi, où il avait été sollicité depuis plusieurs mois par l’organisateur. Celui-ci l’a mis dans les meilleures conditions de réussite avec de multiples petites attentions. « J’avais mon banc, ma tente, mon eau, ma sœur avait pu m’accompagner, bref j’ai été trop chouchouté ! »

« J’ai eu une prémonition », ajoute-t-il. « Je sentais que j’étais capable de descendre sous le minimum. La veille, j’avais de super sensations. J’ai trouvé un bon lièvre, un Polonais qui avait déjà tiré à Ostrava, Montreuil et Marseille, qui m’a emmené en 2.23 aux 1.000 m. J’étais comme sur un tapis roulant ! A la cloche, j’ai mis une grosse « cartouche » j’ai fait un dernier tour de feu, avec tout le monde qui m’encourageait. » Au bout du compte, il a terminé en 3.33.06, une amélioration de 64 centièmes de son propre record national qui datait déjà de 2017, ce qu’il n’avait pas imaginé, qui en fait le 10e performer mondial et le 2e performer européen de l’année sur 1.500 m. Du coup, il a versé une partie de sa prime à celui qui l’avait mis sur orbite. « Je le lui avais promis ! »

Debjani, qui avait loupé les JO de Rio après avoir réussi le minimum une semaine trop tard, en 2016, s’était mis à craindre « une malédiction olympique » ces derniers jours. Il se voyait devoir compter sur le ranking olympique et ses incertitudes. Le voilà désormais soulagé. Et serein.

« Je ne dois plus penser qu’à ma préparation. Pourquoi ne pas avoir l’objectif d’aller en finale à Tokyo ? J’ai montré que j’étais fort, que j’ai la caisse et un bon sprint. Ces 3.33, je les ai bouclés tout seul. Tous les scénarios peuvent me réussir. Dans une course relevée, avec 3 ou 4 hommes à la cloche, je peux courir en 3.32, voire en 3.31. »

Plus question de dire, comme en 2017, après son record de Belgique battu en juin, que sa saison est réussie et terminée…

Crestan dit merci à la fédération

A quoi tient un record ? Pour Eliott Crestan, à une non-sélection, le week-end prochain, pour la Coupe d’Europe ! « Si j’avais été repris sur 800 m, je n’aurais sans doute pas couru ce samedi au Brussels Grand Prix », avoue le Namurois de 22 ans. Du coup, il a pu se rendre au stade Roi-Baudouin, samedi, et boucler, après avoir été aidé pendant 450 m par Laurens Schockaert, son double tour de piste en 1.45.19, un centième sous le minimum olympique ! Un chrono qui constitue par ailleurs une amélioration de près d’1 seconde de son record personnel (1.46.16) et le hisse à la 4e place du ranking belge derrière Ivo Van Damme, Joeri Jansen et Nathan Kahan en laissant derrière lui le légendaire Roger Moens (1.45.7).

Comme le souligne son entraîneur, André Mahy, « réussir le minimum permet surtout de ne plus dépendre des autres pour gagner sa place aux Jeux ». Ces derniers temps, Crestan était assez nerveux. « Je regardais le ranking tous les jours ; après Hengelo, j’étais passé de la 36e à la 39e place », avoue-t-il. « La pression était difficile à supporter. Aujourd’hui, je peux enfin penser à Tokyo. C’est un rêve qui s’accomplit. »

Un rêve qu’il aimerait précéder d’un podium à l’Euro espoir (U23) de Tallinn début juillet qui semble tout à fait dans ses cordes.

Thiam aime l’air de Leyde

Comme il y a deux ans, Nafi Thiam a pris la route de Leyde, aux Pays-Bas, samedi, pour doubler 100 m haies et longueur au meeting « Gouden Spike », la même combinaison qu’elle avait effectuée à Tilburg, le 24 mai. Dans les deux épreuves, elle a réussi sa meilleure performance de l’année : 13.57 (+1,5 m/s) sur les haies « malgré un départ où je suis restée dans les blocs » et, surtout, un bond victorieux à 6,62 m en longueur, le 4e de sa carrière. Deux bons tests en vue de son heptathlon olympique.

« Je suis contente », a-t-elle confirmé. « Sur les haies, j’étais plus engagée qu’à Tilburg et en longueur, c’était vraiment bon avec un élan régulier que je prends désormais à 40 m, 2 mètres derrière ma marque précédente. » Un signe que la championne olympique a encore gagné en puissance ces derniers mois.

Samedi, au meeting international de Nivelles, elle s’essayera sur 200 m, une épreuve dont sa dernière sortie hors-heptathlon remonte au mois de mai 2019, lors de l’interclubs avec le FC Liège à Gaurain-Ramecroix… où elle avait établi un record personnel de 24.37 qui tient toujours.

« Je vais me concentrer sur mes sensations, me challenger voir comment je « vis » la course. C’est bien de sortir de sa zone de confort. » Elle ne « calculera » pas son amie Cynthia Bolingo, qui sera dans le couloir voisin. « Je ne vais pas la regarder, de toute façon, elle va partir ! »

Couckuyt monte en puissance

On sentait, depuis le début de la saison, qu’il ne faudrait qu’une étincelle pour que Paulien Couckuyt explose définitivement sur 400 m haies. Après avoir décroché son billet olympique le 29 mai à Oordegem en terminant en 55.37, l’Anversoise est passée à la vitesse supérieure à Genève en finissant deuxième de la course en 54.95 derrière l’Ukrainienne Tkachuk (54.40), une égalisation du record de Belgique d’Ann Mercken – qui lui a envoyé un message de félicitations – établi aux JO d’Atlanta, en 1996. La voilà 14e mondiale et 7e européenne !

« Je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle fasse ça si tôt dans la saison », avoue son entraîneur Rudi Diels. « Surtout qu’elle m’a avoué ne pas avoir disputé la course parfaite, avec deux haies pas trop bien négociées. Mais elle était sur une pente ascendante, même si la semaine dernière, à Hengelo, elle s’était loupée à cause d’un problème administratif lié à un test PCR qui a fait en sorte qu’elle n’avait eu droit qu’à vingt minutes d’échauffement. »

Couckuyt, c’est, pour son coach, une « bête de travail, qui s’entraînerait toute la journée si elle pouvait, doublée d’une grosse compétitrice ». Diels voit son chrono encore baisser cet été, lorsqu’arriveront les meilleures compétitions. « A la fin de la saison, elle sera la seule détentrice du record national, je l’ai annoncé à Wilfried Meert ! »

Et les autres…

Dans son fief de Gentbrugge, Bashir Abdi n’a pas loupé sa dernière sortie avant le marathon olympique en améliorant son record personnel sur semi-marathon de 46 secondes en 1 h 00.30, à 12 secondes du record de Belgique de Mohammed Mourhit. A l’heure de partir cinq semaines en stage d’altitude, il s’est dit qu’il s’en emparerait la prochaine fois !

A Genève, Imke Vervaet a réussi son meilleur temps sur 400 m en 52.32, ce qui est de bon augure pour le relais 4 x 400 m belge. Lors de la même réunion, Anne Zagré est descendue pour la première fois de la saison sous les 13 secondes sur 100 m haies en 12.90 (v. +1,5), à 6 centièmes du minimum olympique, alors que Dylan Borlée réussi son meilleur temps 2021 sur 400 m en 45.98, confirmant ses bonnes sensations à l’entraînement. Son frère Kevin, lui, est resté coincé à 46.19.

Enfin, à Tenerife, Noor Vidts a réussi le troisième total belge de l’histoire à l’heptathlon avec 6.240 pts , un nouveau record personnel et ne devrait plus avoir de problèmes pour rallier Tokyo. Lors du même meeting, le jeune Jente Hauttekeete a, lui, pulvérisé le record de Belgique junior du décathlon avec 8.034 pts. Le précédent, détenu jusque là par Thomas Van der Plaetsen était de… 7.769 pts. Quel week-end, vous disait-on !

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct

     

    Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

    Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

    1€
    le 1er mois
    J'en profite
    Déjà abonné?Je me connecte
    Aussi en Athlétisme