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Carte blanche sur la nouvelle loi anti LGBTQI+ en Hongrie: l’Union européenne ne peut plus laisser faire

La communauté LGBTQ hongroise a manifesté sa désapprobation dans les rues de Budapest, mardi dernier, après le vote par le parlement d’une nouvelle loi restrictive à son encontre.
La communauté LGBTQ hongroise a manifesté sa désapprobation dans les rues de Budapest, mardi dernier, après le vote par le parlement d’une nouvelle loi restrictive à son encontre. - Reuters

La Hongrie a adopté cette semaine une loi anti-LGBTQI+ controversée. Il est devenu pratiquement impossible d’encore parler des personnes de la communauté LGBT à l’école ou dans les médias.

Cette annonce est tombée comme un véritable coup de massue, pas seulement pour nous, mais aussi pour des milliers d’Européens. Avec cette nouvelle législation, la Hongrie foule aux pieds les valeurs européennes. Ce n’est du reste pas la première fois, et la Hongrie n’est malheureusement pas le seul pays d’Europe à agir de la sorte : la Pologne a par exemple déjà adopté une législation sur les zones « libres d’idéologie LGBT ». Dans des dizaines de villes et communes polonaises, l’existence même de l’identité LGBTQI+ est remise en question. Des groupes d’extrême droite s’en prennent ouvertement aux personnes issues de cette communauté. Il y a deux ans, une Gay Pride a été attaquée par des hooligans, blessant ainsi des dizaines de personnes.

La sphère personnelle relève du politique, mais la politique peut aussi devenir très personnelle. Cette loi atteint le cœur même de centaines de milliers de Hongrois. Le gouvernement de la droite populiste d’Orban veut gommer ce qu’ils sont. Où cela se terminera-t-il ? À quoi ressemblera la vie d’un couple de lesbiennes avec enfants dans quelques mois ? Si les enfants ne doivent pas être confrontés à l’homosexualité, que se passera-t-il si une personne bi ou un homme gay réside dans le même immeuble ?

Tristesse et colère

Cette nouvelle législation hongroise est discriminatoire et ouvre la porte à la violence envers toutes les personnes qui ne correspondent pas à l’image traditionnelle, hétérosexuelle et normative du genre. Les personnes qui ont des difficultés avec celles et ceux qui se situent en dehors de ces frontières étroites se sentent renforcées. Face à cette situation très inquiétante, nous ressentons un mélange de tristesse et de colère.

Une autre conséquence qui nous maintient en alerte est que cette intolérance tend à faire tache d’huile. L’adoption en 2013 par la Russie d’une loi punissant tout acte de « propagande » homosexuelle avait causé la stupéfaction ; de même, la création par la Pologne de zones anti-LGBT nous a paru inacceptable ; et c’est maintenant au tour de la Hongrie de franchir les bornes, tandis que des nouvelles préoccupantes nous parviennent également de Slovaquie.

Un devoir d’action contre un phénomène alarmant

Cela démontre que les droits acquis ne sont pas des certitudes inébranlables. Ce qui se passe aujourd’hui en Hongrie peut également frapper à nos portes demain si nous ne parvenons pas à endiguer à temps ce phénomène alarmant.

Nous avons toutes et tous une identité à plusieurs niveaux. Être européen·ne est l’une de ces couches. En tant qu’Européen·ne·s, nous voulons aussi nous sentir protégé·e·s par nos législateurs. Il est grand temps que l’Union européenne et ses États membres mettent le holà aux dérives de la Hongrie. La ligne rouge a été franchie : ¡ No pasarán ! L’Europe peut et doit l’affirmer clairement en imposant des sanctions financières à la Hongrie. On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre, d’une part, en foulant aux pieds les valeurs européennes, et d’autre part, en profitant des fonds européens.

Il faut agir maintenant avant que la Hongrie, mais aussi la Pologne, anéantissent les fondements du projet européen. L’Europe sera l’Europe de chacun·e, ou ne sera pas.

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