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Carte blanche: un impôt de solidarité pour aider les sinistrés à (se) reconstruire!

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Belga

Certains événements marquants sont gravés dans nos mémoires. Au point qu’il nous est possible de décrire avec précision où nous nous trouvions et ce que nous faisions au moment des faits. Les inondations qui ont durement touché la province de Liège, le 15 juillet dernier, font dramatiquement partie de ces souvenirs précis.

Des images qui sont toujours collées sur nos rétines. Des scènes apocalyptiques. Un bilan extrêmement lourd. Des ravages au sein de nombreuses familles.

Et un épouvantable sentiment d’abandon. Des personnes en détresse qui n’ont pu compter sur l’aide des services de secours. Services totalement dépassés par l’ampleur de la catastrophe.

Des secours démunis par manque de moyens

Appeler à cor et à cri à la solidarité tandis que l’aide indispensable sur le terrain se faisait attendre, voire n’arrivait pas, fut peut-être le plus lamentable. À tout niveau de la structure de l’État, on a pu constater une succession de défaillances, une absence de réaction ou de moyens adéquats et un cafouillage de la prise en charge à la mesure de ce phénomène exceptionnel. Autant de dysfonctionnements qui ont laissé presque abandonnées les autorités communales. Un moment qui marqua le retour de l’estompement de la norme. Glaçant.

Mais ne nous trompons pas. L’origine de la quasi-absence des services de secours se trouve dans des choix politiques fondés sur la recherche de profit. Profit qui se fait toujours au détriment de l’intérêt général.

Un cap austéritaire criminel

Des pompiers impuissants et une protection civile démembrée sont la conséquence de décisions politiques remontant à l’ère du gouvernement MR/N-VA. Essentiels lors de ce type de catastrophes, ils ont été désossés scrupuleusement sur l’autel de la performance et d’une vision budgétaire des Services publics.

La crise sanitaire avait déjà démontré à quel point le définancement systémique de la Sécurité sociale pouvait frapper tragiquement le pilier des soins de santé, pourtant indispensables au maintien d’une qualité de vie souhaitable. Les inondations ont parachevé la démonstration désolante de l’inanité des politiques néolibérales.

Abandonner la voie néolibérale

L’exigence de services publics de qualité, patrimoine universel, passe par un financement à la hauteur de cette ambition. Pour qu’il puisse être réalisé, il est impératif de mettre sur pied un impôt de solidarité. Une solidarité qui revient à sa quintessence, fondée sur le principe fondamental « à chacun-e selon ses moyens, à chacun-e selon ses besoins ». Interpersonnelle, elle est le socle vital d’une société fondée sur la dignité et la justice sociale.

Cet impôt exceptionnel doit puiser sa source au sein du New Deal de Franklin Roosevelt et accaparer 1 % des revenus les plus élevés afin d’aider les sinistré-e-s à (se) reconstruire. Les fondements de cette reconstruction s’établiront sur base de cette solidarité. C’est à travers cette contribution exceptionnelle que nous sortirons ensemble de ce marasme.

Il s’agit de le marteler : l’impôt n’est pas un racket. Au contraire ! Il est à la base du financement de services qui sont extraits de la logique de marché. Concrètement, il n’y a pas de rémunération du capital et il n’y a pas d’actionnaires qui s’engraissent sur le dos de la population. Il y a une contribution proportionnelle aux capacités financières de chaque citoyen-ne.

Le monde d’après, vraiment ?

Les bouleversements climatiques, principalement anthropiques – car principalement fruits des activités humaines – doivent enfin nous obliger à modifier notre modèle sociétal. Le néolibéralisme a fait la preuve de son incapacité chronique à relever les défis tant sociaux qu’environnementaux. Or, les deux problématiques sont liées. C’est en répondant adéquatement à la question sociale qu’il sera possible de réagir face aux changements climatiques.

Étonnamment, l’épisode du covid n’a pas été suffisant pour enrayer la logique du tout au marché, alors qu’elle est définitivement caduque.

Pire, nous sommes revenus au monde d’avant, celui de la mondialisation, du dumping social et du « just in time ». De plus, la spéculation sur les nouvelles opportunités vaccinales a démontré que le marché a redémarré son train sans pilote, laissant à quai les citoyen-ne-s médusé-e-s sous l’œil du politique impuissant.

Le déluge s’étant abattu sur les régions liégeoise et verviétoise doit servir de déclic à un impérieux changement de paradigme.

Mettre fin à la logique financière d’accumulation de capital est désormais vital. Sécurité sociale et Services publiques doivent se trouver au cœur d’un tout nouveau projet révolutionnaire, celui de la contribution redistributive ! Projet qui ne pourra advenir qu’à la condition de rompre avec une pensée néolibérale avariée. Un nouveau schéma, où solidarité et justice sociale seront en son centre, doit émerger. Ce qui nécessite le refinancement de la Sécu à travers de nouvelles cotisations sociales et le refinancement des Services publics à travers un impôt de solidarité, imposant aux plus hauts revenus une juste contribution à l’effort collectif.

Un monde d’après ? Vraiment ?

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