Macron, une responsabilité à la hauteur de la vague

Macron, une responsabilité à la hauteur de la vague

Stop ou encore ? À la question que leur avait posée leur président, les Français ont clairement répondu : « encore ». Les électeurs ont voulu donner sa chance à Emmanuel Macron. Mais le taux historiquement faible de participation traduit davantage une curiosité voire une résignation qu’un élan.

Vague puissante

Dans une semaine, le chef de l’État devrait disposer d’une majorité pléthorique. Même en 2002, la droite sortie gagnante d’un duel présidentiel alors inédit face à l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen n’avait pas disposé d’une marge de manœuvre comparable à celle que l’on prête déjà à la République en Marche. C’est dire la puissance de la vague.

Le président Macron ne pourra pas tomber dans le même piège que Jacques Chirac. Celui-ci n’avait alors pas tenu compte du caractère exceptionnel de l’élection et n’avait gouverné qu’avec son camp.

La nouvelle force centriste ne devrait avoir besoin d’aucun allié pour gouverner. L’inexpérience de bon nombre de ses futurs députés lui garantit par ailleurs une majorité docile.

Abstention

Mais Emmanuel Macron ne pourra pas oublier que cette chambre sera aussi un trompe-l’œil. Un Français sur deux n’est pas allé voter. C’est le signe d’une profonde fracture qui n’est pas résorbée. Si le FN et la France insoumise (forts respectivement de 21 % et 19 % des voix au premier tour de la présidentielle) ne devraient disposer que d’un nombre réduit de députés, ce n’est pas seulement parce qu’ils n’ont pas su remobiliser leurs électeurs après la présidentielle qu’ils ont perdue. C’est aussi le fait de la mécanique des institutions qui favorise la cohérence et du mode de scrutin majoritaire.

Si la démarche d’Emmanuel Macron lui a permis de terminer vainqueur de cette folle année électorale, c’est non seulement parce qu’il l’a fondée sur le renouvellement mais aussi sur la recomposition. Dans une France en profonde crise, la seule alternance gauche-droite, avec son mouvement de balancier perpétuel, n’apparaissait plus comme une issue.

Le locataire de l’Elysée a tout intérêt à perpétuer le dialogue. Les alternatives sont simples : manier le rouleau compresseur du parti unique ou pratiquer la main tendue en visant l’unité nationale. Exercer le pouvoir d’en haut ou écouter tous ces nouveaux députés censés ramener des échos moins politiquement formatés des territoires.

L’enjeu est à la mesure du score décroché par Emmanuel Macron. Cette large victoire qui lui est promise lui confère une responsabilité colossale. Une obligation de fin autant que de moyens.

Nicolas Sarkozy avait dû gérer une crise économique mondiale. François Hollande avait été gêné par ses frondeurs. Emmanuel Macron bénéficie d’un alignement parfait des planètes. Il ne lui sera rien pardonné en cas d’échec.

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