Des médecins, politiques

et associations poussent pour des cannabis social clubs

Analyse

Alors que les contours d’un futur gouvernement fédéral sont toujours aussi flous, force est de constater qu’un sujet de société important est peu discuté entre les partis en présence. Ce sujet important ? Le cannabis et sa prohibition.

La loi belge de 1921 est assez claire : ni vente, ni production, ni mise à disposition d’un local pour sa consommation ne sont autorisées. D’aucuns veulent abolir cette « vieille loi ». Côté politique, Ecolo, Défi et, plus récemment, le Parti socialiste, militent pour la légalisation de cannabis social clubs.

Des cannabis social clubs à la belge prendraient la forme d’association sans but lucratif, à travers lesquelles les membres, majeurs, pourraient faire pousser et consommer leur propre cannabis. Les avantages, selon ses partisans, seraient multiples : « démonétisation » d’une partie du trafic illicite, encadrement des consommateurs, assurances sur la qualité du produit…

Ces arguments sont développés ce mardi dans la carte blanche que nous publions ci-dessous, écrite à l’initiative des mouvements « Smart on drugs » et « Stop 1921 ». Les pro-légalisation lancent une grande campagne visant à pousser le cannabis à l’agenda politique. Leur texte est signé par plusieurs femmes et hommes politiques des partis cités plus haut, ainsi que plusieurs médecins, experts et membres de la société civile. La carte blanche a aussi le soutien de nombreuses associations du secteur de la santé, de la jeunesse et de la défense des droits humains. Suffisant pour amorcer le débat ?

Contexte intéressant

L’initiative se place dans un contexte belge et international intéressant. Côté intérieur, plusieurs cannabis social clubs ont tenté de se lancer, sans attendre de cadre légal adéquat. Le plus ancien, celui d’Anvers, a récolté les foudres de Bart De Wever (N-VA), puis de la justice. L’asbl a récemment fait appel d’une condamnation de juin 2019 : le tribunal correctionnel avait ordonné la dissolution du groupe et condamné 20 de ses membres à des amendes et des peines de prison avec sursis.

À l’international, les tenants d’une libéralisation totale de la culture et du marché du cannabis récréatif commencent à observer les effets des changements au Canada et dans quelques états américains (Colorado, Californie…). Et les premières tendances, même si elles méritent de plus amples analyses, sont assez décevantes : recettes fiscales inférieures aux espérances et, surtout, une augmentation des hospitalisations de jeunes consommateurs.

D’où le retour en vogue du concept de cannabis social clubs, né en Espagne dès les années 1990. Un concept jugé plus strict, plus modeste et plus sûr pour la santé des fumeurs de joints.

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